Bilan et perspectives des études sur les encyclopédies médiévales: Orient-Occident, le ciel, l’homme, le verbe, l’animal

Bilan et perspectives des études sur les encyclopédies médiévales: Orient-Occident, le ciel, l’homme, le verbe, l’animal

22-24 mai 2017, University of Louvain, Belguim

Conference Abstracts

F. Sinem Eryılmaz

The Manipulation of Ancient and Medieval Knowledge in the Ottoman Court

I propose to present an Ottoman document originally prepared for Sultan Süleyman (r. 1520-1566) most probably at the beginning of the 1560s. The aim of my paper will be to display how the idea of a comprehensive and absolute knowledge was utilized in this document in order to present the Ottoman sovereign as the receiver of a divine mission of ecumenical leadership as well as the inheritor of sacred and secret knowledge, which God shared first with Adam and finally transmitted through Ibn Sina as the intermediary, to the Ottoman dynasty. The Imperial Scroll (Tomar-ı Humāyūn) as it is known, is a giant scroll of 31.16m by 0.79m that imitates the Creation. In its introduction, it makes a reference to the hadith on God’s creation of the Tablet and the Pen, and the Pen’s recording of human history upon Divine order, that is, before this history was realized. In the Ottoman Scroll, we see a selective representation of universal history combining Biblical, Islamic (Sunni and Shi’i), political, and mythical variants that were deemed relevant in the Ottoman context of the mid-sixteenth century. The author of the Scroll manipulates the analogy with the divine Tablet and the claim of comprehensiveness as well as Medieval Greek and Arabic knowledge in the Scroll’s astrological and terrestrial disks, which are placed between the introduction and the beginning of human genealogical history, in preparing his charismatic and intensely political document.

Florence Ninitte

Secundum fratrem Vincentium: qu’ont retenu les lecteurs du Speculum historiale au sujet de l’Islam

Au sein de son Speculum historiale (SH), Vincent de Beauvais consacre une trentaine de chapitres (Livre XXIII, c. 39-67) à une description plutôt complète de l’Islam qui dépasse le cadre d’un simple récit événementiel de l’histoire. L’encyclopédie du frère dominicain embrasse effectivement cette religion dans ses différents aspects, à savoir la vie du Prophète – selon la perspective chrétienne qui veut qu’un prophète, messager ou disciple personnifie, par son mode de vie, la foi qu’il prêche –, l’histoire et les caractéristiques du Qur’ān et la description d’un certain nombre de rituels et croyances. Le SH, conçu comme un outil de consultation, a été largement diffusé dans les décennies qui ont suivi sa composition. Quelle influence a été exercée par ce groupe de chapitres sur la littérature ultérieure à propos de l’Islam? La finalité de la présente conférence sera d’interroger l’héritage du SH à travers l’exemple de deux textes, appartenant chacun à des sphères linguistiques et littéraires différentes (compilation historique composée en latin et recueil de biographies à visée morale en moyen français), à savoir le Mare historiarum de Giovanni Colonna (c. 1340) et la traduction du De Casibus de Boccace par Laurent de Premierfait (1409). Le premier auteur intègre dans son histoire du monde un chapitre dédié à Muḥammad, largement inspiré du SH ; le second a parfois étoffé le texte original de Boccace à l’aide d’anecdotes et récits supplémentaires, dont une biographie du Prophète (Livre IX). Tous deux semblent adopter une attitude entre excerptio et reformulation intégrale de certains passages de l’encyclopédie de Vincent de Beauvais. Il s’agira dès lors de déterminer quelles sont les informations que Giovanni Colonna et Laurent de Premierfait ont retenues et comment ils les ont exploitées pour les intégrer dans un cadre narratif différent du SH.

Sébastien Moureau

La transmission de l’alchimie arabe dans l’Occident latin au Moyen Âge

Aux XIIe et XIIIe siècles, un large mouvement de traduction de textes arabes vers la langue latine s’opère en Italie, en Sicile et en Espagne. Parmi les savoirs scientifiques transmis du monde arabo-musulman à l’Occident, l’alchimie occupe une place de choix: cette science était jusqu’alors inconnue des Latins. Dans la communication, l’attention se portera sur le passage de l’alchimie en abordant différentes définitions médiévales de cette science, en s’attardant sur les grands textes traduits, les différents courants alchimiques représentés et les personnes en jeu ainsi que leurs motivations.

Jean-Charles Ducène

La géographie dans les encyclopédies mameloukes (XIIIe – XIVe s.): entre vision figée du monde et mise à jour

Les encyclopédies d’époque mamelouke sont remarquables par l’œuvre de compilation réalisée par leurs auteurs, offrant ainsi un savoir ancien réorganisé. Cependant, comme plusieurs d’entre elles étaient destinées aux fonctionnaires de la chancellerie du Caire, il fallait que la géographie corresponde au moins à la réalité du moment, au risque de rester purement littéraires, sans fonctionnalité pratique. Cela était vrai à la fois pour la géographie administrative interne à l’Etat mamelouk comme pour celle du voisinage immédiat, constitué d’Etats avec lesquels les relations épistolaires étaient courantes. Ainsi assiste-t-on dans ces ouvrages à une tension ou une coexistence entre une information fossilisée, anachronique, et la recherche d’un renseignement contemporain, utile à l’Etat. En outre, le contexte politique de la Méditerranée de l’époque avec l’influence grandissante des Etats européens induit aussi une forme de « géopolitique » dans le chef des auteurs. L’exposition du matériel géographique n’est pas neutre, mais trahit la vision politique de la Méditerranée vue du Caire.

Baudouin Van den Abeele

Encyclopédies du Moyen Age latin : projets et priorités

Les recherches sur les encyclopédies médiévales dans le monde latin ont fait des progrès remarquables durant les dernières décennies, mais on en saisit difficilement la globalité. Après un tour d’horizon des principaux acquis de la recherche récente, on s’attachera à dégager quelques lignes de force en jeu dans les projets actuels sur ces textes. On mettra aussi en lumière quels sont les chantiers prometteurs dans ce domaine, et les desiderata les plus importants. Plus que jamais, l’encyclopédisme médiéval est un sujet qui demande des entreprises collectives et disposant de compétences croisées : enquêtes biographiques, études des manuscrits, travail philologique, recherche des sources classiques et orientales, analyses iconographiques se combinent autour de ces dossiers d’une richesse inépuisable.

Grégory Clesse

Fièvres, urines et diètes : l’autorité d’Isaac Israeli dans les compilations latines

Le philosophe et médecin juif de langue arabe Isaac Israeli figure parmi les autorités les plus citées des encyclopédies médiévales. Particulièrement, son livre sur les régimes (De dietis), par la variété des sujets abordés, alimente de très nombreuses notices encyclopédiques. Dans cette communication, nous proposons une évaluation de la présence plus ou moins marquée d’Isaac Israeli chez Thomas de Cantimpré, Barthélémy l’Anglais et Vincent de Beauvais, ainsi que dans quelques textes composés dans la lignée de ces trois grandes compilations (Thomas III, Hortus sanitatis, Viridarium, traductions vernaculaires). Prenant Vincent de Beauvais pour point de comparaison, nous montrerons ensuite comment Barthélémy l’Anglais a intégré des passages d’Isaac Israeli à propos de la fièvre, dans son De proprietatibus rerum. Nous terminerons en nous penchant sur le cas particulier du chapitre sur l’urine. Les notices de Barthélémy l’Anglais et de Vincent de Beauvais varient fortement à ce sujet, tout comme les sources qu’ils consultent: Isaac Israeli et Gilles de Corbeil d’une part, Aristote et Avicenne d’autre part. Cette étude de cas permettra d’envisager comment Barthélémy l’Anglais procède pour synthétiser en quelques lignes ce qu’il a pu trouver dans un livre non seulement de plus grande envergure, mais aussi plus philosophique et technique, comme le De urinis d’Isaac Israeli.

Giuseppe Zarra

Il Thesaurus pauperum e l’enciclopedismo medioevale

Il Thesaurus pauperum è un ricettario medico-farmaceutico che gode di notevole successo nel Medioevo. L’opera è assimilabile a una piccola enciclopedia del sapere medico pratico e mostra punti di contatto con il filone dell’enciclopedismo sia nella sua genesi (per i prelievi da fonti enciclopediche) sia nella sua fortuna (per il riuso delle prescrizioni del ricettario in successivi testi enciclopedici). Un interessante caso di studio è offerto dal ms. Firenze, Biblioteca Medicea Laurenziana, Plut. XLII 22 databile al primo quarto del XIV secolo e latore del volgarizzamento toscano in veste senese del Tresor di Brunetto Latini, limitatamente ai capitoli corrispondenti al primo libro dell’originale francese. I 96 capitoli finali (cc. 101-166 del ms.) assumono la forma di un bestiario (il cosiddetto Bestiario laurenziano, di cui disponiamo di un’edizione recente a cura di Paolo Squillacioti). Questi capitoli sono caratterizzati da aggiunte testuali estranee al Tresor e alla sua tradizione; si tratta, in particolare, di informazioni sugli usi dell’animale o di sue parti nella confezione di ricette mediche. Fonte principale di tali prelievi è appunto il Thesaurus pauperum. La presente comunicazione ambisce a mettere in rilievo gli aspetti dell’interazione fra Bestiario laurenziano e Thesaurus pauperum, riflettendo sulla scelta dei passi da parte del compilatore del Bestiario e tentando di identificare il Thesaurus pauperum (innanzitutto, se latino o volgare) fonte dei recuperi testuali.

Iolanda Ventura

Aristotélisme et Galénisme dans la culture encyclopédique

La médecine des derniers siècles du Moyen Age, et en particulier celle qu’on qualifie de « scholastique » à cause de son engagement dans la discussion des principes théoriques de la médecine (e.g., sa nature de « science » ou d’ « art »), ou dans la résolution des controverses opposantes les opinions des philosophes à celles des médecins, voit souvent émerger, dans le traitement et la résolution de ces controverses, la mise en opposition des données véhiculées par l’autorité d’Aristote et de Galien. Cette opposition n’émerge pas seulement dans la littérature médicale universitaire, domaine privilégié de la médecine « scholastique », mais aussi dans la littérature encyclopédique du XIIIe siècle (e.g., le De proprietatibus rerum de Barthélémy l’Anglais et le Speculum naturale et doctrinale de Vincent de Beauvais), traversée par un renouvellement profond de son background scientifique et intellectuel à cause de l’entrée de la biologie aristotélicienne et de l’anatomie/physiologie galénique. Le but de mon intervention est d’examiner, à partir de passages choisis tirés des compilations de Barthélémy l’Anglais et de Vincent de Beauvais, la difficile œuvre de rapprochement, mise en relation, conciliation et résolution des possibles controverses entre les autorités d’Aristote et de Galien menée par les deux auteurs en tant que représentants d’un moment de forte évolution de la littérature médicale et de sa reproduction dans les encyclopédies.

Joëlle Ducos

L’encyclopédie au carrefour des langues: l’exemple du De proprietatibus rerum de Barthélemy l’Anglais

Outre une diffusion considérable dans les manuscrits latins, le De proprietatibus rerum de Barthélemy l’Anglais présente la caractéristique d’avoir donné lieu à de nombreuses traductions dans les langues vernaculaires, dont l’une des plus notables est celle de Jean Corbechon, largement diffusée dans les bibliothèques princières et au-delà. Si la traduction française se distingue entre plusieurs branches avec des copies en 19 ou 20 livres, les autres traductions témoignent aussi de lectures, de transformations, où l’on peut voir que l’adaptation dans une langue n’est pas pur transfert linguistique mais suppose un choix de lecture et de transmission. La communication, au regard des travaux récents effectués sur ces versions différentes, fera le point sur cette réception au carrefour des langues et s’intéressera en particulier sur les modalités d’écriture, les continuités et les ruptures tant dans l’architecture de l’encyclopédie que dans les relations entre les langues qu’impliquent ces traductions multiples et dans la conception de la vulgarisation.

Lorenzo Mainini

La science vernaculaire en Italie: entre Dante Alighieri et la culture des praticiens (XIIIème-XVème siècles)

L’intervention se propose de faire le point sur le nombre et le statu, culturel et textuel, des traductions philosophiques et scientifiques en Italie, entre la moitié du XIIIe siècle et la moitié du XVe siècle. Il s’agira donc de dresser un panorama et une liste de sources et de manuscrits, dont, à partir de quelques réflexions paléographiques, on proposera une “histoire de la réception”. Cette perspective nous amènera à aborder d’un point de vue matériel la distinction critique avancée par G. Folena (1991) entre “volgarizzamenti” et “traduzioni”, à savoir une différence d’époque culturelle entre le pré-humanisme de la fin du XIIIe siècle et l’essor graduel des traductions humanistiques. Les données tirées de cette histoire de la transmission textuelle des traductions sera finalement évalué par rapport au poids de l’expérience philosophique vernaculaire de Dante Alighieri (Convivio, I, X 10), qui laisse entrevoir une certaine méfiance intellectuelle à l’égard des “volgarizzamenti”.

Bastien Kindt – Françoise Van Haeperen

La concordance lemmatisée en ligne du Suidae lexicon (Proemium et Alpha)

Le Suidae Lexicon est un lexique encyclopédique byzantin compilé entre les IXe et Xe s. Il réunit 31 704 articles classés dans l’ordre alphabétique et totalise 614 337 mots. Ces articles abordent de multiples aspects des cultures grecque, romaine et byzantine : la langue, la littérature, l’histoire, la géographie, les institutions, etc. L’importance du Lexicon Suidae vient en partie du fait qu’il est parfois le dernier témoin de sources désormais disparues transmettant des informations inconnues des sources grecques et latines portant sur des sujets analogues. La concordance lemmatisée, bientôt accessible sur Internet, permet d’interroger le Suidae Lexicon sur son ordinateur personnel, d’en explorer les contenus et de naviguer dans l’édition critique qui fait autorité auprès des chercheurs modernes.

Mattia Cavagna

Pierre Farget, réviseur de Jean Corbechon. Une enquête sur les éditions imprimées du Livre des propriétés des choses (1482-1556)

Le mouvement de traduction d’œuvres latines, qui connaît son essor en France à la deuxième moitié du XIVe siècle, a contribué énormément – on le sait – à l’enrichissement de la langue française. Les traductions de certaines encyclopédies du XIIIe siècle, notamment, ont joué un rôle déterminant pour le développement du lexique scientifique. Ce phénomène est de mieux en mieux connu, car un certain nombre de spécialistes du moyen français s’y intéressent depuis un certain nombre d’années. Dans le cadre de notre communication, nous nous pencherons sur un autre phénomène, celui de la révision linguistique, qui intervient souvent entre la fin du XVe et le début du XVIe siècle, à savoir au moment où certaines traductions sont confiées à une diffusion imprimée. Notre communication sera focalisée sur un cas spécifique, à savoir sur l’œuvre de Pierre Farget, frère augustinien lyonnais qui, en 1480 environ, remanie la traduction du De proprietatibus rerum effectuée au siècle précédent par Jean Corbechon.

Charles Burnett

The Liber novem iudicum, an astrological encyclopedia?

The Liber novem iudicum is a twelfth-century compendium on judicial astrology which gathers together the statements of nine different astrological authorities (mainly Arabic) on the topics of the twelve astrological houses (the self, possessions, siblings, parents, children, illnesses, women, death, journeys and religion, kingship, friends, and enemies). The compiler explains his methodology in an elaborate preface, and occasionally intervenes in the course of the work. The talk will discuss the genre represented by this work, and investigate how ‘encyclopedic’ this can be considered.

Godefroid de Callataÿ – Liana Saif

The Astrological and Prophetical Cycles in the Pseudo-Aristotelian Hermetica and in the Ikhwān al-Ṣafā’

Astrological cycles are an important motif in the corpus of writings known as Pseudo-Aristotelian Hermetica (PsAH), especially in the treatise entitled Kitāb al-Ustuṭās. Therein, we find a highly elaborated cosmic scheme accounting for various processes of generation and renewal in the universe as dependent on the cyclical revolutions of the zodiac and the planetary spheres. According to this scheme, the history of the world is divided into 12 ‘ages’ of decreasing length, each age corresponding to a zodiacal sign. Starting with the age of Aries, it assumes that Adam, the father of mankind, was created by the demiurge in Virgo, the seventh age, after the generation of minerals, plants, and animals in preceding ages. The scheme also assumes that civilization itself was introduced to the human kind by seven prophets, each corresponding to a specific planet, and that these prophets in turn endowed their people with the power to control nature. Furthermore, the generation of active spiritual forces (ruḥāniyyāt) is regulated by 1000-year cycles. In its long version, the epistle on magic, which concludes the encyclopaedic corpus of the Ikhwān al-Ṣafā’, acknowledges its debt to the Kitāb al-Ustuṭās and even quotes from it in a long passage on the lunar mansions. In more general terms, the Rasā’il (and the Risāla al-Jāmi‘a) attach great importance to a conception of the world history according to which prophetical ages, expressed as millenary periods, are determined by the revolutions of the seven planets. The purpose of this paper is to compare these texts, and to determine to which extent the PsAH were a resource to the Ikhwān’s prophetical astrology. We shall also seek to situate this investigation against the broader context of astrological history in medieval Islam as exemplified by Abū Ma‘shar, Māsha’allāh and others.

David Juste

Latin Astrological Manuscripts: A Brief Overview

It can be estimated that some 10.000 Latin astrological manuscripts survive today in European and North American libraries. These manuscripts are in the process of being described in the Catalogus Codicum Astrologorum Latinorum, of which two volumes have appeared, covering the Bayerische Staatsbibliothek in Munich (2011) and the Bibliothèque nationale de France in Paris (2015). The third volume, on the British Library in London, is under way and is expected to be completed soon. In this paper, I will present some general features of these manuscripts, including a definition and typology of the genre, a chronological survey, the context in which they were produced and the origin (Arabic, Hebrew, Greek, Latin…) of the material they contain.

Meyssa Ben Saad

Spécificité et influence du savant polygraphe al-Jâhiz (776-868) dans la zoologie arabe médiévale

Cette communication se propose de se pencher sur un chapitre de l’Histoire des Sciences de la Vie, celui de la zoologie arabe médiévale, à travers le Kitâb al-Hayawân [Livre des Animaux] du savant polygraphe alJâhiz (776-868). Al-Jâhiz, prosateur, théologien, grand homme de lettres et polémiste du IXe siècle, a fourni un travail zoologique considérable en rédigeant une somme naturaliste consacrée au règne animal. Bien que la dimension naturaliste de l’auteur ait souvent été mésestimée au regard de son remarquable talent de adib (distinction de l’intellectuel détenteur des savoirs et des valeurs éthiques), al-Jâhiz a, s’aidant d’une méthodologie rigoureuse –pouvant être considérée comme ‘scientifique’-, d’un sens de l’observation et de la description remarquables, de connaissances quasi-encyclopédiques, tenté de définir, décrire, analyser, expliquer les phénomènes du vivant, et proposé une classification des animaux à travers les caractéristiques biologiques, écologiques, éthologiques, etc. Il s’est basé sur des critères allant de l’observation directe (mode de locomotion, alimentation) à des caractéristiques plus complexes (régime alimentaire, éco-éthologie, reproduction). Al-Djâhiz présente et analyse de manière minutieuse les diverses classes d’animaux, énumère leurs ressemblances, repère leurs critères distinctifs, tente d’établir une organisation. Inspirée de la zoologie d’Aristote, qui est une référence majeure, mais non-indiscutable pour notre auteur, l’œuvre d’al-Djâhiz marque par son originalité et a été une référence majeure chez de nombreux naturalistes arabes.

Philippe Provençal

Les informations zoologiques trouvées dans les encyclopédies arabes du 13ième et 14ième siècles

Les encyclopédies écrites en arabes et datant du 13ème et 14ème siècles contiennent pour certaines d’entre elles des données zoologique d’une grande précision à tel point que certaines observations ont contribué aux connaissances zoologiques actuelles (répartitions historiques de certaines espèces), tandis que le contenu d’autres encyclopédies se concentre surtout sur l’importance culturelle de l’animal en question pour la culture arabe. La contribution décrit le contenu zoologique de trois auteurs al-Nuwayrî, al-Qalqashandî et al-Damîrî tout en incorporant des notes provenant d’autres auteurs. Les deux premiers sont des auteurs procurant des informations précises, tandis que al-Damîrî s’occupe surtout mais non exclusivement de l’importance culturelle des animaux.

Thierry Buquet

Nouveaux apports des encyclopédies médiévales sur la connaissance de la faune exotique

Au Moyen Âge, la connaissance de la faune étrangère exotique (africaine et indienne) doit beaucoup à la transmission des auteurs antiques (Aristote, Pline, Solin) et des premiers auteurs chrétiens (Physiologus, Isidore de Séville, Pères de l’église). Pourtant on observe, notamment au xiiie siècle, l’apparition de nouveaux savoirs dans les encyclopédies et autres textes d’histoire naturelle apparentés. Ces nouveaux savoirs doivent peu aux autorités anciennes et sont le fruit d’apports nouveaux, liés à l’observation directe (animaux de ménageries) ou à des savoirs vernaculaires (voyageurs, marchands, chasseurs, pêcheurs, marins, etc.). C’est particulièrement le cas pour les animaux mal connus du Nord de l’Europe, mettant en lumière un exotisme venu du froid, dans le cadre d’échanges accrus avec le monde scandinave. L’exposé tentera de mettre en valeur ces apports, notamment dans l’introduction de nouvelles espèces ou de nouveaux zoonymes dans l’inventaire du monde vivant, mais aussi dans les compléments d’informations apportés sur les savoirs anciens. Notre enquête portera principalement sur Thomas de Cantimpré et Albert le Grand, avec des compléments tirés de Barthélemy l’Anglais, Vincent de Beauvais et Alexandre Neckam. Nous essayerons de mettre en avant l’apport fondamental de Thomas de Cantimpré dans cet enrichissement du monde animal exotique médiéval, en le comparant avec l’approche de ses contemporains.

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